Rentrée littéraire

Minuit dans une librairie.

Entourés d’étagères remplies de livres, trois grands tableaux, représentant le diable (le malicieux Reinhold Schünzel), une prostituée (la scandaleuse Anita Berber) et la mort (l’inquiétant Conrad Veidt), prennent vie.

Les portraits sortent du cadre et farfouillent dans les livres, commencent à lire et à se raconter des histoires … cauchemardesques et horribles, bien sûr. Ainsi commencent les « Unheimliche Geschichten » (= « Histoires cauchemardesques »), film allemand à épisodes (1919, de Richard Oswald).


Après cette première apparition muette, on retrouve des esprits maléfiques qui s’intéressent à la littérature, quelques années plus tard dans « SOS Fantômes » (1984, de Ivan Reitman). Bill Murray et sa brigade des chasseurs de fantômes doivent déloger les démons qui mettent le désordre dans une bibliothèque.


« Les Ailes du désir » (1987, de Wim Wenders) nous montre d’autres créatures, célestes cette fois-ci, qui semblent également apprécier les livres.

L’ange Damiel (Bruno Ganz) visite, invisible pour les humains, la Staatsbibliothek de Berlin-Ouest, bâtiment conçu par l’architecte Hans Scharoun (1893-1972) en 1964, mais achevé seulement en 1978.

Ainsi, plusieurs anges contemplent avec compassion et amour les visiteurs qui se cultivent dans cet immense temple du savoir.


La dystopie « Fahrenheit 451 » (1966, de François Truffaut) procède à la condamnation systématique des livres, comme s’ils étaient imprégnés d’un esprit malsain. « Depuis Les 400 coups, je voulais faire un film où les livres seraient les héros de mon propos », justifie François Truffaut, à propos de son unique film de science-fiction, …

… même si cela l’oblige à les brûler.


Dans « Indiana Jones et la Dernière Croisade » (1989, Steven Spielberg), la clé de l’énigme n’est pas cachée dans un des livres de la bibliothèque de Venise …

… mais dans le bâtiment lui-même, une ancienne église, dominée par un vitrail imposant. La monumentalité des lieux est soulignée par le positionnement de la caméra à ras du sol.


Un autre enquêteur, le détective privé Philipp Marlowe (Humphrey Bogart), visite deux librairies beaucoup plus modestes dans « Le Grand Sommeil » (1946, de Howard Hawks).

A la recherche d’un certain A. G. Geiger, propriétaire d’une librairie spécialisée dans l’ancien, Marlowe réalise que sa boutique n’est qu’une façade pour des transactions bien différentes.

Pour en avoir le cœur net, il se rend dans la librairie « ACME », située juste en face.

Ici, la vendeuse (Dorothy Malone) est bien plus calée en conseil de lecture et lui donne des indices précieux. Pour approfondir leur rencontre tranquillement, elle ferme la librairie au public.

Et comme Marlowe se balade toujours avec une flasque de whiskey dans sa poche, ils finissent par bien s’entendre …


Lecture, politique et design : la bibliothèque dans « La Chinoise » (1967, de Jean-Luc Godard) est composée uniquement de livres rouges – conscience politique oblige, et cela s’accorde très bien avec le pull vert d’Anne Wiazemsky.


Lecture, érotisme et design : on retrouve le même souci esthétique dans la bibliothèque privée d’un châtelain excentrique italien (Frank Wolff) : les livres sont classés par couleur, évoquant un tableau de Mondrian.

Dans une recherche de cohérence absolue, le sol est tapissé d’extraits du dictionnaire (mais attention, uniquement des mots se référant au sexe, qui suggèrent que le châtelain à des centres d’intérêt bien précis) …

… dans le délirant drame fantasmagorique « Esotika Erotika Psicotika » (1970, de Radley Metzger).


Et parfois, l’échelle ne sert vraiment qu’à chercher un livre, comme le fait le « Docteur X » (Lionel Atwill) dans un film qui porte son nom (1932, de Michael Curtiz).


Cet aperçu incomplet et subjectif de quelques bibliothèques et librairies au cinéma est un prétexte pour mentionner une nouvelle rubrique dans le menu, intitulée « bib » comme bibliothèque ou bibliographie, regroupant quelques livres qui évoquent le lien entre cinéma et architecture :

bib

Accessible aussi directement sur le menu. Le lien apparait en balayant sur le « © » :


UNHEIMLICHE GESCHICHTEN 1919 Richard Oswald

GHOSTBUSTERS (SOS Fantômes) 1984 Ivan Reitman

DER HIMMEL ÜBER BERLIN (Les ailes du désir) 1987 Wim Wenders

FAHRENHEIT 451 1966 François Truffaut

INDIANA JONES AND THE LAST CRUSADE (Indiana Jones et la Dernière Croisade) 1989 Steven Spielberg

THE BIG SLEEP (Le grand sommeil) 1946 Howard Hawks

LA CHINOISE 1967 Jean-Luc Godard

THE LICKERISH QUARTET (Esotika Erotika Psicotika) 1970 Radley Metzger

DOCTOR X (Docteur X) 1932 Michael Curtiz

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