36 vues de la tour Eiffel 17/36

Le mur de Berlin cachant une vue sur la tour Eiffel dans un axe improbable, devant la cathédrale Notre-Dame de Paris, et avec à sa gauche une aile de l’arc de Triomphe de l’Etoile ? Qu’est-ce que cette vision incongrue ? Où sommes-nous ?

Sur la lune ! Pas exactement la planète habitée dont rêvent les riches de ce monde à l’instar d’Elon Musk, mais celle imaginée en 1996 par Enki Bilal, dessinateur français de bande dessinée, né à Belgrade (ex-Yougoslavie) en 1951. Ses histoires dépeignent souvent des dystopies, avec des éléments du passé qui côtoient ceux du futur.

Les dérives du système communiste de l’URSS, l’obscurantisme des années 90 et le dérèglement climatique sont des thèmes récurrents de l’univers fantastique et un peu désabusé de Bilal. Ses personnages sont, soit perdus et mélancoliques, soit obsédés par le pouvoir et la quête d’une vie éternelle.

« Tykho Moon » est le deuxième film de Bilal après « Bunker Palace Hôtel » et avant « Immortel, Ad Vitam ». L’action se déroule dans une colonie sur la lune entourée d’un mur digne de celui de Berlin, dirigée par un système dictatorial en déclin, qui s’enferme dans des répliques des monuments de Paris !

Admettons. L’impossibilité de reconstituer l’atmosphère terrestre pour les résidents et de surpasser l’apesanteur ne semble pas poser de problème. C’est un film de science-fiction, donc tout, ou presque, est possible.

Admettons. Après « Le nouveau Monde » de Godard, encore une tour Eiffel à la tête coupée ! C’est Stéphane Bidault, qui a supervisé les effets spéciaux, et qui rassemble pêle-mêle la tour Eiffel, l’Arc de triomphe, l’Arche de la Défense, l’église du Sacré-Cœur, dans un tableau désordonné mais impressionnant. En dehors de ces panoramas, le film souffre parfois du manque de moyens pour déployer plus amplement le point de vue visionnaire de son auteur (plus facile à dessiner qu’à restituer au cinéma).

Mais il déçoit surtout par son scénario simpliste et convenu (l’éternelle lutte contre l’oppression) et ses personnages créés à l’emporte-pièce. On peut néanmoins apprécier la beauté de Julie Delpy, en Louise Brooks venue du futur,…

… le flegme de l’anti-héros très « Wim-Wendersien », interprété par Johan Leysen, l’inexpressivité assumé de Richard Bohringer en tueur professionnel …

… et le cabotinage de Michel Piccoli en dictateur pathétique. Ce dernier enflamme d’ailleurs son bureau dans un élan destructeur et essaye ensuite de sauver une maquette de la tour Eiffel – objet visiblement fétiche de ce dangereux despote dégénéré.

TYHKO MOON 1996 Enki Bilal

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