Nakagin Capsule Tower

La recherche d’un appartement peut s’avérer très difficile dans n’importe quelle grande métropole du globe, et encore plus à Tokyo. C’est ce que réalisent l’aimable Hiroko (Ayako Fujitani) et son copain Akira (Ryo Kase), jeune cinéaste aspirant, qui souhaitent s’installer dans la capitale.

« Interior design » (« Aménagement intérieur ») est le premier segment du film à sketches « Tokyo ! », réalisé par les deux français Michel Gondry et Leos Carax et par le sud-coréen Bong Joon-ho, en 2008, dans la capitale nippone.

En attendant de trouver un logement, Hiroko et Akira s’installent dans le minuscule studio d’une copine. Cette cohabitation s’avère vite difficile quand son compagnon débarque également. Akira travaille, tandis qu’Hiroko visite des chambres plus ou moins abordables, mais souvent insalubres.

Parmi les annonces, il y a celle d’une cellule dans la fameuse Nakagin Capsule Tower, construite en 1972, par Kishu Korukawa, dans le quartier Shimbashi de Tokyo. Korukawa est le plus jeune des architectes japonais du mouvement métaboliste, qui développe entre 1958 et 1980, sous l’impulsion du Tange Lab, un laboratoire urbain initié par Kenzo Tange, des mégastructures infinies.

La Nakagin Capsule Tower est composée de 140 capsules de 4 m de longueur et 2,5 m de largueur. Chaque capsule est accrochée indépendamment à une double tour de béton armé qui contient les escaliers et ascenseurs. Dans chacune, on trouve des sanitaires, un frigo, une télé, un lit, pour constituer une unité de vie aux dimensions des plus réduites.

La capsule est éclairée par une unique fenêtre d’un diamètre de 1,30 m. Ce concept prône un mode de vie urbain d’un nouveau type : le nomade urbain SDF, qui vit à la fois partout et nulle part, sans attache de lieu, ni de meubles ou de bibelots. Cette vision d’un habitat différent, lié à une certaine idéologie progressiste, n’a pas pris, mais le concept a été depuis redécouvert et exploité pour les bureaux, à travers l’abolition du poste de travail individualisé au profit du flex-office.

Les capsules ont été principalement vendues comme pied-à-terre pour les nombreux hommes d’affaires de Tokyo. Mais aussi comme habitat principal pour certains. Les capsules sont indépendantes les unes des autres, mais leur modularité reste relative, car aucune n’a jamais été changée ou déplacée depuis 1972. Si le principe de base était d’offrir un habitat minimal bon marché pouvant se développer et évoluer au fil du temps, il a échoué.

Hiroko n’est pas non plus convaincue du principe de la capsule et continue sa recherche frustrante.

Se sentant de plus en plus seule et marginalisé par son entourage, elle se transforme finalement … en chaise ! Après tout, nous sommes dans le monde loufoque et imprévisible de Michel Gondry (« La science des rêves » / « L’écume des jours »).

La touchante Hiroko est interprétée par Ayako Fujitani, fille de Steven Seagal, vedettes de films d’actions des années 80. Ayako Fujitani est surtout connue pour avoir été l’héroïne de trois épisodes autour du monstre Gamera, petit frère de Godzilla, très populaire au Japon.

TOKYO ! « Interior Design » 2008 Michel Gondry

PS : Dans « Wolverine » (2008) de James Mangold, le héros des bandes dessinés Marvel du même nom doit se réfugier pour une nuit dans un hôtel qui ressemble au Nakagin Capsule Tower. C’est une image de synthèse s’inspirant du bâtiment de Korukawa. L’intérieur, un « Love Hotel » avec des chambres à thèmes et des lits généreux, n’a rien à voir avec l’original.

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