Mais vivre ici ?

Le rêve d’un chez-soi idéal occupe beaucoup de jeunes couples. Aujourd’hui, plus de 50% de la population française habite déjà dans un lotissement et près de 75 % des Français souhaiteraient y vivre, selon une étude récente*. Ils n’ont sans doute pas vu « Foxes », ni « Vivarium », deux films dérangeants de l’irlandais Lorcan Finnegan, qui altérent l’envie d’habiter dans un lotissement.

Dans « Vivarium », Gemma (Imogen Poots), l’institutrice douce et bienveillante, et Tom (Jesse Eisenberg), le gentil paysagiste, cherchent à acheter une maison.

Mais il n’est pas facile de trouver la perle rare.

Désespérés par des recherches infructueuses et malgré une certaine irritation provoquée par l’apparence étrange de l’agence immobilière « Yonder », et de son vendeur Martin aux allures robotiques …

… ils se laissent convaincre de venir visiter leur tout dernier lotissement, construit avec des maisons individuelles identiques de couleur vert pastel.

Sans se douter que cette visite les plongera dans un cauchemar inimaginable !

Quand le vendeur disparaît soudainement, le couple se rend compte qu’il lui est impossible de sortir du lotissement. Il est vrai que leur logique de construction favorise ce genre de problème à cause de leur organisation spatiale, avec des rues en impasse, en boucle ou en forme de raquette, ainsi que l’uniformité des maisons qui n’aide pas non plus à s’orienter.

Prisonniers du lotissement, Gemma et Tom sont contraints de s’installer dans leur nouvelle maison. Chaque matin, un carton avec des provisions apparaît comme par enchantement, mais aucune autre âme ne semble vivre ici, et il n’y a aucun moyen de s’y échapper.

Désespérés, ils finissent par brûler la maison …

… qui renaît de ses cendres le lendemain, avec en prime un autre carton, qui contient un bébé vivant et la demande de l’élever.

Cette expérience met le couple à rude épreuve. Gemma et Tom ont l’impression d’être devenus des animaux de laboratoire, observés en permanence par… Mais qui d’ailleurs ?

Cette situation extrême révèle que la douce Gemma développe un caractère plus fort et plus combatif que son ami Tom qui s’épuise à creuser un trou toujours plus profond, afin de trouver un moyen d’évasion.

« Vivarium » est une caricature de la réalité des lotissements où les éléments d’horreur et de science-fiction prennent le dessus. Le couple tombe littéralement dans une quatrième dimension.

Les dysfonctionnements du lotissement (la ghettoïsation, la désorientation et l’enfermement) sont ici poussés à l’extrême.

*dans Jérome FORUQUET, Jean-Laurent CASSELY, La France sous nos yeux, Paris, 2021, Seuil

VIVARIUM 2019 Lorcan Finnegan

3 réflexions sur “Mais vivre ici ?

  1. Je ne l’ai pas vu, et je ne l’avais pas repéré à sa sortie … qui d’après Allociné était le 13 mars 2020, soit juste avant le 1er confinement si mes souvenirs sont exacts. C’est amusant : une prémonition ?

    J’aime

    1. Plutôt une coincidence. Il est difficile de parler du film sans dévoiler l’intrigue, mais de la même manière que dans « Invasion of the body snatchers » les envahisseurs de l’espace servent d’allégorie pour illustrer la peur du communisme, « Vivarium »peut être vu comme une allégorie (mais pas en ce qui concerne la pandémie).

      J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s