Le building

« Le Building » est un court métrage d’animation d’une durée d’une minute et dix-huit secondes. Il ne faut pas plus de temps pour les créateurs inspirés de cette farce, pour montrer comment les problèmes de cohabitation dans un immeuble peuvent conduire à sa destruction.

Sur le principe de « l’effet papillon » (« Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? »), les plaintes d’une mamie du troisième étage, face aux chants insupportables de son voisin bruyant provoquent une réaction en chaîne qui amène à la destruction quasi totale du bâtiment.

Ironie de l’histoire : seul le logement de la mamie reste intact – soutenu dans un équilibre instable par un frêle conduit d’évacuation d’eau.

Ce petit court métrage, créé par les étudiants Marco Nguyen, Pierre Perifel, Xavier Ramonède, Olivier Staphylas et Rémi Zaarour de l’école Gobelins, Ecole de l’image à Paris, mélange avec brio des techniques d’animation classique avec des visualisations générées par ordinateur.

Si les voix et certains détails (drapeaux, bibelots) évoquent un pays de l’Est, l’architecture de cet immeuble où se côtoient différentes classes sociales pourrait être située n’importe où dans un des nombreux faubourgs d’Europe. Quant au genre cinématographique, il s’inspire des saynètes avec catastrophes en chaînes de l’âge d’or du muet, mettant en scène Laurel & Hardy, Buster Keaton et les Keystone Cops.

La situation isolée du « building » dans le paysage et sa forme élancée n’est pas sans rappeler un autre immeuble emblématique dans l’histoire du cinéma.

Dans le drame « Le Jour se lève », Alexandre Trauner crée un décor très en phase avec le réalisme poétique (et très noir) du couple Marcel Carné – Jacques Prévert avec un immeuble très haut, aux pignons aveugles, dans un faubourg parisien.

Vu en contre-plongée, le lampadaire en structure métallique fait écho à la grue du film d’animation. Son positionnement isolé est une métaphore du désespoir de son protagoniste, l’ouvrier François (Jean Gabin), qui, après avoir tué un homme, se retrouve encerclé par les forces de l’ordre.

LE BUILDING 2005 Gobelins

LE JOUR SE LEVE 1939 Marcel Carné

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