Rebecca Ferguson à Miami

« Réminiscence » déploie un futur proche où la ville de Miami est partiellement submergée par les flots, suite au réchauffement climatique.

Sous son déguisement de film de science-fiction dystopique, « Réminiscence » s’avère être un film noir ultra classique. Ce genre de mélange a été déjà été opéré avec succès dans « Blade Runner » et « Brazil ».

Il n’est donc pas étonnant que le héros Nick Bannister (le tiraillé Hugh Jackman) rappelle Rick Deckard (Harrison Ford dans « Blade Runner »), Sam Lawry (Johnathan Pryce dans « Brazil ») ou encore Frank Jessup (Robert Mitchum dans « Un si doux visage »).

Et que l’héroïne Mae (l’admirable Rebecca Ferguson), femme fatale sublissime et chanteuse de cabaret, apparaisse dans la ligne directe d’une Gilda Farrell (Rita Hayworth dans « Gilda »), Erika von Schlütow (Marlene Dietrich dans « La Scandaleuse de Berlin » ), Dorothy Vallens (Isabella Rosselini dans « Blue Velvet ») ou encore Jessica Rabbit (dans « Qui veut la peau de Roger Rabbit »).

Comme dans tout film noir classique qui se respecte, la ville est dirigée par des politiciens corrompus à la botte de riches industriels qui ont le pouvoir et qui habitent des manoirs chics et protégés, tandis que le peuple patauge dans la boue.

La description de Miami, racontée en voix off par Bannister (autre cliché propre au film noir), souligne l’ambiance sinistre, où les températures quotidiennes très élevées forcent la population à rester à l’intérieur.

Mais la critique environnementale reste un prétexte et la ville submergée se réduit à un décor ciné-génique. Les questions liées aux changements (spatiaux et sociétaux) ne sont pas approfondies alors qu’on a les pieds dans l’eau.

Au contraire, l’appartement de la belle et mystérieuse Mae avec sa terrasse aménagée d’un lit à baldaquin semble tout droit sorti des pages déco de « Marie-Claire » où du magazine « Elle ». Et les températures soi-disant si élevées font moins transpirer notre couple…

… que leurs ébats amoureux dans la séquence précédente.

Le film n’accorde que peu de présence à Rebecca Ferguson à l’écran, or c’est le personnage le plus intéressant et le moins prévisible. Elle disparaît trop tôt et on passe beaucoup de temps avec Hugh Jackman, essayant désespérément de la retrouver.

Ce premier film de la réalisatrice Lisa Joy (productrice et scénariste de la série « Westworld ») est visuellement attrayant, mais c’est un film sans surprise, puisqu’il n’arrive pas à sortir de la trame et des clichés d’un genre archi-connu.

REMINISCENCE 2021 Lisa Joy

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