36 vues de la tour Eiffel 12/36

« Playtime », le film le plus ambitieux et le plus radical de Jacques Tati, imagine un Paris uniforme où la modernité gomme toute trace identifiable de la ville – à l’exception de quelques monuments se reflétant furtivement dans les vitres des buildings modernes et anonymes, comme ci-dessus la tour Eiffel.

Barbara, touriste américaine, regarde bien en direction de la tour, mais Tati ne donne pas à voir le contre-champ.

De la même manière, il réduit la deuxième apparition de la tour Eiffel à une silhouette à peine perceptible, quand Monsieur Hulot se retrouve par erreur sur une terrasse panoramique. Hulot reste, comme Barbara, prisonnier d’une modernité qui le dépasse et où les monuments sont des vestiges inaccessibles du passé.

Consciemment ou non, Jacques Tati a réalisé une vision réaliste du « Plan Voisin » (1925) de Le Corbusier, où le célèbre architecte rase la partie Nord de Paris pour la remplacer par des gratte-ciels identiques. L’échelle de la ville est alors inversée et les monuments tels que la tour Eiffel et le Sacré-Cœur deviennent des points insignifiants et inaccessibles.

Le film, où plutôt l’installation vidéo « Radiant City » (2019) de l’artiste Clemens Gritl, met en parallèle l’avant et l’après de cette idée dévastatrice, pour l’exposition « Beauty » de Sagmeister & Walsh.

Tout en affichant un regard critique du plan Voisin, l’artiste revendique « la force du propos où le contraste entre ancien et moderne, échelle et design, intriguent »

PLAYTIME 1967 Jacques Tati

RADIANT CITY 2019 Clemens Gritl

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