M. Davis, architecte convaincant

Dans le drame judiciaire « Douze Hommes en colère » (1957) Henry Fonda interprète l’architecte Davis, mais on ne le voit jamais au travail, ni évoquer son métier. Pourtant, sa profession se révèle avoir une importance certaine, lors du déroulement de ce huis clos judiciaire dirigé avec maestria par le jeune Sidney Lumet.

Davis (au début du film, identifié uniquement par le numéro 8, celui de juré) fait partie des douze hommes qui doivent décider du sort d’un accusé de meurtre. Il est le seul qui n’est pas complètement convaincu de sa culpabilité et qui impose avec calme et conviction son point de vue aux autres.

Il doit alors faire face aux réactions hostiles des onze membres qui souhaitent délibérer au plus vite pour en être débarrassé et, tel un chef de projet, il va les rassembler pour les unir et mener à bien cette « mission » qu’il prend très au sérieux, comme tous ses projets professionnels.

La droiture de Davis est ancrée dans sa recherche permanente de la vérité et non pas dans le profit ou les solutions faciles. Henry Fonda, capable d’exprimer son engagement d’un simple regard, est le candidat idéal pour incarner ce personnage.

Si Davis arrive à convaincre les autres membres tout au long du film par un argumentaire construit, c’est aussi parce qu’il est un meneur d’hommes : un chef d’équipe charismatique et méthodique. Sans oublier ses qualités humaines, car il se montre humble et modeste. Il affirme lui-même ne pas être fixé sur la culpabilité de l’accusé. Mais tant qu’il y a un doute, il plaide « non coupable », pour cause de « doute raisonnable ».

Il est aussi la seule personne du film qui sache lire un plan et détecter les incohérences de la reconstitution du meurtre qui en résultent. Il compare la durée nécessaire pour couvrir une distance, imagine l’espace environnant et les bruits qui peuvent parvenir… ou pas : un témoin dit avoir entendu l’accusé, or avec le bruit du métro qui passait au moment du crime, cela semble impossible.

Ce n’est qu’à la fin du film que sont dévoilées les noms et les professions des jurés. Il y a une logique implacable dans le fait que Davis s’avère être architecte : pour les scénaristes, un architecte doit effectivement réunir toutes les qualités énoncées au long du film.

Cette vision glorieuse de l’architecte, qui dirige, qui rassemble à l’écoute des autres, qui réfléchit à la recherche de la meilleure solution, peut paraître exagérée et un peu clichée, mais c’est aussi un bel hommage au métier d’architecte, métier qui nécessite de telles qualités … Idéalement !

TWELVE ANGRY MEN (« Douze hommes en colère ») 1957 Sidney Lumet

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