L’étrange-féerique

« L’Homme de Rio » est une course poursuite rocambolesque, amusante et quasi ininterrompue de Paris à Rio, puis de Rio à Brasilia, pour retrouver des indices qui mènent vers un mystérieux trésor aztèque. Le trajet passe par l’autoroute BR-040.

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Entre Petrópolis et Xerém, Jean-Paul Belmondo et Françoise Dorléac s’arrêtent à côté d’une étonnante construction ultra-moderne en forme de champignon.

Le temps d’enfiler une chemise et de saluer quelques officiers intrigués avant de repartir …

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Ce restaurant et poste d’observation, aux allures de soucoupe volante de film de science-fiction, a été (probablement) construit par l’ingénieur Jorge Staico début 1960 pour donner une vue imprenable sur l’autoroute BR-040 fraîchement tracée, qui relie Petrópolis à Brasilia. Ce bâtiment est aujourd’hui malheureusement abandonné et tombe en ruine.

Une autre construction champignon, non moins curieuse, fait son apparition un peu plus tôt dans le même film, au moment où nos deux héros en fuite trouvent refuge dans une étrange cabane sur les hauteurs de Rio.

Suspendue sur un piquet, à la fois moderne et ancestrale, ingénieuse et bricolée, cette cabane simple et astucieuse, avec balcon en porte-à-faux et nid de pie qui sort du toit, semble être la version enfantine et rigolote du très sérieux restaurant-champignon de Jorge Staico.

De Broca joue donc à fond la carte de l’étrangeté du décor, au fur et à mesure que le récit avance : de la ville de Paris classique, connue de tous, au passage à l’aérogare d’Orly s’annonce déjà une plongée dans l’hyper-modernité d’une époque à venir (poussée à son paroxysme par Tati dans « Playtime »).

L’aventure se poursuit à Rio dans les favelas avec la cabane bricolée – l’exotisme est alors combiné avec le féerique, en évoquant la hutte primitive chère à Laugier, où le couple amoureux trouve refuge pour un court instant. Cette hutte, sur son unique pilotis, trouve ensuite son double futuriste dans le restaurant-observatoire de Staico.

Et se termine avec un parcours façon gymkhana dans Brasilia, ville aux allures de décors de film de science-fiction de par son architecture futuriste, mais aussi l’omniprésence du sable rouge, évoquant la planète… Mars.

(voir aussi : Jean-Paul Belmondo à Brasilia)

L’HOMME DE RIO 1964 Philippe de Broca

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