Joaquin Phoenix à Gotham City

Dérivé de l’univers “Batman” des DC Comics, le “Joker” de Todd Phillips est par son approche très sombre plus proche du “portrait d’un serial killer” à la manière de John McNaughton’s ”Henry” et d’Abel Ferrara’s “Driller Killer” ou des “justiciers” de John Flynn (”Rolling Thunder″) et Martin Scorsese (”Taxi Driver”). 

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La reconstitution de New York – pardon, Gotham City, des années 70 est remarquable – la première séquence de poursuite à pied fait penser à un film de Sydney Lumet (”Serpico” / “Dog Day Afternoon”) ou d’Alan J. Pakula (”Klute” / “The Parallax View”).

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Ce n’est définitivement pas New York, puisqu’il n’y pas les tours jumelles du World Trade Center.

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L’élément architectural le plus remarquable est un escalier que l’infortuné Arthur Fleck (le toujours impressionnant Joaquim Phoenix) doit monter chaque soir pour arriver à son appartement. 

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Le film montre à plusieurs reprises la lente ascension d’un escalier qui semble sans fin, et souligne ainsi les déceptions et humiliations de notre protagoniste. 

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L’escalier comme fardeau et symbole de désespoir se trouve déjà dans les films muets. Dans “Der müde Tod” de Fritz Lang, un l’escalier monumental est lieu de drame

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mais aussi le chemin inévitable qui mêne vers la mort (symbolique et littérale). 

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Mais dans “Joker” ce même escalier va acquérir une symbolique très différente quand Fleck devient le “Joker”. Rempli d’assurance, grâce aux meurtres atroces qu’il a commis, on le voit pour la premier fois descendre l’escalier. L’escalier d’oppression et devenu un escalier de représentation.

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Le Joker ne marche pas, il saute, il danse, il jubile (sur une chanson de Garry Glitter). Il est heureux : tout semble désormais possible !

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Pour un bref instant, il devient Gene Kelly (”Un Américain à Paris”), Fred Astaire (”Top Heat”), Yves Montand (”Trois places pour le 26″) et descend comme eux vers son public. Après les innombrables montés fatigants d’un “nobody”, la descente d’une nouvelle star. 

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Cette exaltation féerique est stoppé net par l’apparition de deux flics. Le Joker doit s’enfuir et l’escalier change une nouvelle fois de symbolique et devient un élément essentiel de la poursuite. Les lignes de fuites des gardes-corps et la composition de l’image en diagonale renforce l’urgence de la situation et du danger immédiat. 

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Comme dans d’innombrables films d’action (ci-dessus à titre d’exemple “French Connection”) où l’escalier est utilisé comme élément dramatique et dynamique. 

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La “vrai” montée du “Joker”, situé à Highbridge dans le Bronx, New York City, relie les avenues Shakespeare et Anderson, est désormais devenue une attraction touristique … 

JOKER 2019 Todd Phillips

DER MÜDE TOD (Les trois lumières) 1921 Fritz Lang

UN AMERICAN IN PARIS 1952 Vincente Minnelli

FRENCH CONNECTION 1971 William Friedkin

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