Jean Yanne à Marseille

Ce polar assez médiocre réalisé par Yves Boisset mérite le détour pour deux raisons : 

1) il a été tourné à Marseille et 2) pour une séquence dans un cinéma drive-in, comme on n’en fait plus.

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“Allons, chéri , tu veux vraiment voir le film ? !”

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Jean Yanne, qui n’a malheureusement ni le charme ni la carrure d’un Lino Ventura, interprète l’aventurier Orsini, obligé de revenir à Marseille, sa ville natale, pour venger les membres de sa famille corse, décimée par un clan de gangsters adverses. 

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Le film est illuminé par la présence de la sublime Senta Berger, même si Boisset ne sait pas trop quoi faire de son personnage qui reste très superficiel.

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Gordon Mitchell, un habitué des péplums et westerns spaghettis italiens, excelle dans le rôle du tueur professionnel froid et bien sapé… qui déteste la ville de Marseille.

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Le film s’ouvre sur une intervention de CRS contre des manifestants (on est en 1970) dans le quartier du Panier, qui rappelle les rafles des soldats nazis au même endroit lors de la Deuxième Guerre mondiale. Le ton est donné.

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S’ensuivent quelques vues de carte postale du Vieux-Port et de ses environs paisibles …

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… pour aboutir à une séquence de drive-by-shooting en plein jour devant le palais de justice… 

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… effectué à partir d’une Opel Rekord-D noire.

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La préoccupation des malfrats ne tourne pas autour de la drogue ou de la prostitution mais bien autour de l’urbanisme et des investissements frauduleux des terrains à bâtir.

La ville n’est donc pas un simple décor mais l’objet des hostilités et devient un personnage à part entière : rayonnante et belle sous le soleil, Marseille est décrite comme une cité violente, hostile et glauque.

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Impression renforcée la nuit quand notre héros croise des SDF apathiques sur le pavé …

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… et des femmes qui pratiquent la fellation dans les entrées d’immeubles.

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Une ville où la police n’hésite pas à tirer sur des gangsters en fuite au milieu d’un groupe d’enfants, dans le quartier du Panier.

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Le caïd traqué par Jean Yanne est le promoteur Forestier qui s’engage politiquement pour avoir la mainmise sur la ville. Son bureau est aussi impressionnant qu’un repaire de super-vilain chez James Bond …

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… et son caractère sadique se reflète dans le choix de son animal de compagnie : un vautour.  

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Forestier (Giancarlo Sbragia) habite dans un penthouse au-dessous de son immeuble moderne …

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… qui donne sur un drive-in cinéma – idée assez improbable, mais photogénique.

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… puisqu’il finit par être jeté du toit …

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… et atterrit dans les câbles électriques qui alimentent l’écran du cinéma, mettant ainsi fin à sa vie et à la séance en cours.

LE SAUT DE L’ANGE 1971 Yves Boisset

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