Au musée de cire

La première version du « Masque de cire » (1933) est moins connue que son remake « L’homme au masque de cire » (1953) tourné en 3D avec Vincent Price, mais elle est nettement meilleure.

Dirigée par l’infatigable Michael Curtiz (« Casablanca ») qui n’a pas moins de 180 films à son actif, c’est une de ses rares incursions dans le monde de l’épouvante.

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La réussite du film réside en partie dans la présence de la future « fiancée de King Kong », Fay Wray, dans le rôle de Charlotte, première scream queen de l’histoire du cinéma.

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Et de sa pétillante partenaire Glenda Farrell dans le rôle de Florence, une sorte de Tintin au féminin, intrépide et drôle, déterminée à résoudre l’énigme du musée de cire. Une Girlpower de 1933…

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Le film échappe à la censure du tout récent « Code Hays », ce qui permet à la reporter Florence, de poser des questions assez indiscrètes aux policiers chargés de l’enquête …

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… et d’exprimer le besoin d’un remontant, après avoir vu une étrange créature.

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Mais ce qui nous intéresse surtout ici, c’est le travail d’Anton Grot, chef décorateur émérite de la Warner Bros, connu pour son penchant pour l’expressionnisme et ses architectures vernaculaires dans des drames sociaux.

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Au lieu d’associer les éléments horrifiques du film avec des décors gothiques ou baroques alors en vogue (comme c’était encore le cas pour « Doctor X » en 1932, du même Michael Curtiz avec le même Anton Grot comme chef décorateur), Grot crée ici des lieux résolument modernes et assez inhabituels pour un film d’horreur. 

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Ainsi la morgue de New York, lieu habituellement représenté lugubre et sombre, devient presque une cathédrale de lumière où les morts sont joliment disposés dans un cercle parfait.

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Cela n’empêche pas l’utilisation d’éléments expressionnistes en abondance : des ombres menaçantes et des escaliers tordus suffisent à créer l’atmosphère nécessaire et renvoient directement au « Cabinet du Docteur Caligari » (1920) – le classique du genre.

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Par le biais des perspectives inhabituelles, Grot renforce l’angoisse de notre héroïne perdue dans le musée à la recherche de son fiancé.

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Telle Alice au pays des Merveilles, Charlotte s’enfonce sans hésitation dans les profondeurs d’un immeuble new-yorkais.

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Plus elle descend, plus les pièces s’enchaînent et s’agrandissent…

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… pour aboutir dans le laboratoire secret et souterrain du créateur des poupées de cire …

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… qui étonne aujourd’hui encore par son design épuré, sa superstructure métallique élancée et ses passerelles suspendues.

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Charlotte est capturée par le crapuleux sculpteur Ivan Igor (Lionel Atwill) – sa fin semble proche.

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Sera-t-elle transformée en poupée de cire ?

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Et que fait la police ? 

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Quoi qu’il en soit, on peut considérer le laboratoire du musée de cire d’Anton Grot comme le chaînon manquant entre celui du Dr. Frankenstein (créé par Herman Rosse en 1931) …

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… et celui du Dr. No (créé par Ken Adam en 1962) dans la première aventure cinématographique de James Bond.

MYSTERY OF THE WAX MUSEUM (Le Masque de cire) 1933 Michael Curtiz

FRANKENSTEIN 1931 James Whale

DR NO 1962 Terence Young

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